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Dimanche 29 janvier 2006

En perspective de mon départ tout là-bas, je commence déjà à faire mes cartons. Mes cartons dans ma tête.

Je repense à tout ici, à ce qui a changé, déjà. Que finalement, j'ai choisi de quitter ici quand je l'ai rencontré lui, ou quand je suis partie de ce qui était vraiment chez moi.

Pour essayer de faire le tri, j'ai utilisé d'habiles subterfuges. Tu sais, comme les trucs "qu'est-ce que tu emmènerais sur une île déserte ?" alors que tu sais que ça arrive que dans Lost ou 6 jours 7 nuits.

Alors, s'il ne devait y en avoir que trois, quels souvenirs j'emporterais d'ici ?

Je crois que ce serait la journée de mon 9ème anniversaire. Les amis, les amies, le repas sous la tonnelle, le gâteau au chocolat - viande hachée. Ce jour-là. toute ma classe était venue, mes autres amis aussi, certains sont toujours là, d'autres pas. C'est la vie. Mon père, grand enfant dans l'âme, nous avait préparé un Fort Boyard comme seul lui sait le faire. A grands coups de poulie, de balançoire avec atterissage dans la piscine, de "décroche la clé accrochée sous le ventre du chien" ou de match de badminton acharnés. Je me souviens des courses de brouettes, des départs verticals à la balançoire ou des plongeons dans la piscine. Du pommier mort qui nous servait de point de ralliement et du chien qui bave. Mais on a coupé le pommier, la piscine s'est cassée, le chien est mort et l'endroit est parti, petit à petit, pierre par pierre, jour après jour.

 

Ensuite, il y aurait une suite de souvenirs, mais tous les mêmes. Trois ans de repas sous le pont, au bord de la rivière, si loin de la ville, si loin de chez moi. Les cours de danse à midi, les échappées sauvages dans les champs, les trempettes dans la rivière l'été, et nos yeux qui rient lorsque le train passe. Les sandwiches saucisson - cornichon. Les inscriptions sur les bancs et les briques froides. Le collège Thurmann, un bout de nous qu'on a laissé là-bas et qui s'efface, petit à petit.

 

Et pour finir, mais pas des moindres, les soirées de cette semaine-là, chez elle, seules au monde. Les photos de nous belles, miss détective, pop-corn et coca light. Lady. Les disneys, les rires, les pleurs, le partage d'un peu de nous. Sa blondeur et ma longueur. Se brosser les dents en faisant pipi, Daniel, les photos ridicules, les nuits blanches ou grises. Ses sourires pendant longtemps après, parce que cette semaine-là nous avait rapprochées comme on est rarement proche des gens. Ne plus avoir besoin de parler. Et puis peu de temps après aussi, les vacances avec elle, si belle, si adorable. Et une semaine après le retour, un des appels les plus durs de ma vie. Son numéro mais pas sa voix. A vouloir trop faire, elle a abusé. Je sais exactement ce qu'il s'est passé maintenant. Comme d'habitude d'abord, la sensation d'euphorie, le sentiment que rien n'est impossible. Le coeur s'emballe, mais on a pas peur, c'est excitant. La pression artérielle change. Puis on déchante, on se met à transpirer. Elle a vomi, à commencer à se sentir faible sans doute, sa respiration est devenue difficile, voire impossible. Et elle s'est endormie. Elle dormait déjà profondément quand il est arrivé. Son teint encore un peu plus pâle que d'habitude. Son pouls arrêté, son coeur endormi. Qu'elle parte juste après lui a été le coup de grâce. Le temps a passé, et j'oublie, un peu, son odeur, son rire, sa voix. Quand par hasard je retrouve une photo de nous deux, des photos de ces soirs-là, je ris, même si la poitrine rétrécit un peu, et que la gorge se serre. Elle me manque.

 

Le fait que j'arrive pas à parler des souvenirs heureux sans évoquer les pires n'est sans doute pas étranger au fait que ça me dérange pas de partir.

Soon this space will be too small and I'll laugh so hard that the walls cave in

Soon this space will be too small and I'll go outside to the huge hillside where the wild winds blow and the cold stars shine

Par Lizka - Publié dans : day by day by day by day
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Dimanche 29 janvier 2006

Je remercie les poneys et les pulpites. Merci vous pour ce blog.

 

Ceci est le commencement d'un début de naissance. Alors fais gaffe, toi au fond.

Par Lizka - Publié dans : day by day by day by day
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